Snapchat ou l’antirémamence des apprentissages

En décembre 2016, l’application Snapchat affichait 158 millions d’utilisateurs actifs par jour. Si vous êtes légèrement au dessus que la moyenne d’âge des utilisateurs (16,5 ans) de cette application, un petit rappel s’impose.

Cette application de messagerie instantanée permet d’envoyer à une liste de contacts des photos ou des vidéos dont le durée de consultation est limitée. Et nous dirons même très limitée car au bout de 10 secondes, la ressource est supprimée. C’est donc une sorte de disparition programmée de l’information qui a été partagée.

Alors quel rapport avec ce blog de pédagogie me direz-vous ?

Eh bien lorsqu’on observe un certain nombre de nos « apprenants 2.0 », on s’aperçoit que les éléments appris sont très rapidement oubliés ou supprimés de la case mémoire. Certains parlent d’apprentissage « kleenex », d’autres d’un défaut de rémanence des apprentissages. La rémanence des apprentissage renvoyant à la mémorisation de savoirs et savoir-faire dans la durée.

 

Pour éclairer ce phénomène, revenons aux théories de la mémorisation. Pour qu’une information soit mémorisée, il faut qu’elle fasse sens ou soit considérée comme utile pour l’apprenant (ou plus précisément pour le cerveau de ce dernier) , mais il faut aussi qu’elle soit réutilisée. Dans le jargon pédagogique, on parle de réactivation. Sinon, c’est l’oubli. (Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, faites appel à votre expérience. Lorsque vous utilisez rarement un appareil, vous êtes obligé de vous plonger dans la notice. 6 mois plus tard, vous avez oublié de nouveau la manière de le faire fonctionner. L’appropriation n’a pas eu lieu).

Or, lorsque l’on sait que l’information est disponible à portée de clic, c’est le principe de minimisation de l’énergie qui s’applique (très Physique tout ça !). Le réflexe naturel est alors de ne pas encombrer sa mémoire et de se contenter de consulter l’information en question. Et plusieurs fois de suite si besoin …

Le résultat est une très faible rémanence des apprentissages, donc un « effet Snapchat »

Pour ne pas passer pour un vieux réac, je dirais simplement que, comme toujours (et cela est valable pour le domaine de la formation), tout est une question de curseur. Avant l’apparition des nouvelles technologies de l’information et la communication, il fallait noter, mémoriser, organiser, rechercher par ordre alphabétique, etc. Alors qu’à l’heure actuelle, on a tendance à mettre les apprenants dans la peau d’analystes qui vont consulter, compiler, comparer des multiples informations.

Mais sans quelques briques de base solides, il est quasiment impossible de construire un raisonnement élaboré et logique. Donc ajustons le curseur pour adapter nos formation à nos apprenants 2.0, mais veillons à ce que des savoirs et savoir-faire solides soient ancrés dans leurs mémoires afin d’y accéder plus rapidement qu’un clic …

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