Pédagogie inversée : Les étapes pour se lancer …

Dans l’UV de chimie générale  enseignée en première année dans mon université, nous avons réalisé que le profil actuel de nos étudiants ne permettait plus de travailler en cours magistral purement transmissif.  En effet, la prise de notes n’est pas optimale (la plupart des étudiants ne consignent que les quelques mots notés au tableau ou sur les diapositives) et l’écoute n’est pas toujours très active (l’attention est souvent orientée vers autre chose … que le cours ).

Nous avons donc sélectionné les parties du cours qui nous semblaient accessibles en autonomie. Par exemple, dans l’enseignement de thermochimie, le début du cours était consacré à la définition des réactions types. La valeur ajoutée de l’enseignant lors de cette phase d’enseignement en amphithéâtre était assez limitée.

Les capsules ont été réalisées à partir de supports de cours que nous avons annotés et sonorisés. L’intérêt majeur de ce format est que l’approche est dynamique (les éléments fixes sont complétés à l’aide d’un tableau numérique) et les explications sont faites à haute voix.

Afin de s’assurer que les étudiants ont bien consulté/travaillé ces capsules avant la séance de cours, nous avons mis en place un suivi d’accomplissement sur la plateforme Moodle (Une fois la vidéo consultée, une icône s’affiche pour indiquer que la ressource a bien été visionnée). Mais consulter n’est pas forcément travailler…

Un test en ligne de compréhension a ensuite été posé aux étudiants afin de valider leurs connaissances de base.

Si nous résumons les étapes de mise en place d’une séquence de pédagogie inversée :

  1. Identifier les éléments qu’il est possible d’externaliser du cours (définitions, textes, ressources vidéos de présentation). Ces éléments doivent être facilement abordables par les apprenants et doivent donc correspondre à des niveaux cognitifs basiques (taxonomie de Bloom)
  2. Réaliser des capsules dans un format attractif pour l’apprenant (un texte à lire peut être efficace mais pas forcément très incitatif)
  3. Mettre ces capsules à disposition sur une plateforme dédiée et vérifier que chaque apprenant puisse y avoir accès.
  4. Déterminer une plage de consultation de cette capsule. Cela permet de structurer le travail des apprenants
  5. Mettre en place un dispositif d’évaluation de l’appropriation des notions (tests en ligne ou questions à préparer pour le cours suivant)
  6. Prévoir un temps d’échange en présentiel lors du cours pour permettre les questions ou les demandes de précisions.
  7. Et très important: bien expliquer la démarche aux apprenant avant de lancer ce dispositif pour être sûr d’avoir leur adhésion.

Dans le cadre de notre UV, les étudiants ont accueilli plus que favorablement cette nouvelle façon d’enseigner (et d’apprendre !), et en ont redemandé !

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