Nuls en orthographe ?

Un rapport récemment publié par le service des statistiques de l’Education Nationale pointe du doigt le faible niveau des apprenants de CM2 en grammaire et en orthographe. Il apparaît que lors d’une même dictée, ces apprenants font en moyenne 17,8 erreurs en 2015 contre 10,6 en 1987. Et les « fautes » sont plus d’ordre grammatical qu’orthographique.

Sans alimenter les polémiques récurrentes sur la fameuse « baisse du niveau », certains y verront le résultat d’une diminution du volume horaire consacré à l’enseignement du français en primaire, d’autres la faute aux correcteurs orthographiques ou encore  la généralisation du langage  SMS (oui, regardez un peu vos textos …).

Mais ce que je souhaite mettre en avant dans ce billet, c’est l’évolution très positive de la pratique de la dictée. Car oui, en CE1, dans beaucoup d’écoles, le jeudi, c’est dictée ! (là je paraphrase mon fils). Terminées les dictées de notre enfance dans lesquelles une faute d’orthographe c’était un point en moins, et une faute de grammaire (bien plus grave !) c’était deux points de perdus. Notation qui menait bien souvent à un zéro sur dix ou sur vingt (vos souvenirs reviennent … ?).

La nouvelle approche consiste à réaliser une comptabilité relative des erreurs et non plus absolue. En pratique, on compte le nombre d’erreurs effectuées par l’apprenant et on le compare au nombre de mots qui composent la dictée. Dans le travail ci-dessous, l’apprenant a  fait 31 erreurs sur 226 mots, ce qui mène à une note de 17 rapportée sur 20. Et non plus à un 00/20 si la notation était réalisée en absolu.

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Cette approche permet d’indiquer à l’élève quels sont les points à travailler et à améliorer, sans pour autant le démotiver avec la fameuse note ronde que nous avons tous connue.

 

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Une réponse à Nuls en orthographe ?

  1. Maxime dit :

    Bonjour,

    Je suis votre blog depuis peu. Je suis notamment très intéressé par les méthodes de notations. Doivent-elles refléter un niveau ? Quel niveau ? Quels niveaux ? Une marge de progrès (et donc -une- idée du relatif) ? Une marge de progrès par rapport à un niveau ? Dans un domaine ? Dans un sous domaine ?

    Je partage votre analyse du « zéro pointé » !

    La manière dont les fautes sont relevées par l’enseignant reflète-t-elle la nature de celle-ci (entourées = conjugaison, doublement soulignées = vocabulaire, etc.) ? Ne serait-il pas pertinent de rappeler en haut de feuille les fautes par type ? Et d’ajouter des sous-catégories (singulier / pluriel, lettres muettes, etc.) ? L’approche par compétences étant vicieuse, faire des fautes relevant a priori de la conjugaison (et en particulier lorsque l’erreur et la forme correcte ont la même prononciation) n’est pas forcément dû à une erreur de conjugaison (confusion de verbe, inattention, mauvaise interprétation de l’accord son / graphie, etc.). Étant petit, j’ai souvent fait des erreurs de confusion ai / ais / ait / et / est tout en sachant conjuguer les verbes être et avoir… Ainsi il pourrait peut-être être dans certains cas possible d’utiliser plusieurs systèmes de catégorisation. Certaines langues sont apprises, même en tant que langue natale avec beaucoup moins d’insistance sur la grammaire, et pour autant les résultats ne sont pas plus mauvais.

    J’ai compris il n’y a qu’un peu plus d’un an, lorsque j’ai utilisé le logiciel TutoreDattilo pour apprendre à taper à 10 doigts sur un clavier l’intérêt de prononcer intérieurement toutes les lettres d’un mot pour pouvoir l’écrire correctement, sans oublier de lettre. Je suis persuadé que cette méthode pourrait résoudre certaines erreurs d’inversion de lettre (Mathrin) mais aussi d’apprendre a fortiori la graphie des mots comprenant des lettres muettes. J’ai eu beau, toute mon enfance, lire des centaines de fois le mot « alors », j’ai toujours oublié le « s » puisque je n’ai pas d’aptitude visuelle innée me permettant d’apprendre inconsciemment la graphie correcte des mots. Je suis persuadé que si lorsqu’un enfant apprenant un nouveau mot (ou apprenait à l’écrire pour la première fois), il prononçait intérieurement le mot, lettre par lettre, en le recopiant les 4 / 5 premières fois, il « apprendrait » ou du moins « automatiserait » l’écriture des lettres muettes des mots. Qu’adviendra-t-il si (ou lorsque) les enfants n’apprendront plus à écrire que sur un clavier d’ordinateur ou de tablette et plus à la main ? Qu’adviendra-t-il lorsque l’on pourra se reposer de manière fiable sur des outils qui retranscrivent nos paroles ?

    À mon époque et encore aujourd’hui, la plupart des enseignants des collèges et lycées de SVT notent déjà avec l’approche par compétence (Ra, Re, S, etc.) et reprennent souvent ces catégories sur une feuille récapitulative de tous les devoirs de l’année pour suivre la progression de l’élève.

    Un des problèmes principaux, à mon sens, réside dans le fait de ne pas expliquer les méthodes d’évaluation aux enfants et aux étudiants. Quand bien même la meilleure des méthodes d’évaluation serait utilisée, si la personne évaluée ne la comprend pas et ne l’utilise pas, tout l’effort est vain.

    PS : il n’y a que 144 mots dans la dictée ! 😉

    Maxime

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