Mais fais un peu plus attention voyons !

Qui n’a jamais prononcé une telle phrase à son enfant ou à un apprenant un peu tête en l’air ? Et d’être effectivement assez agacé de voir que les consignes que l’on a formulées ont été retenues à moitié, voire pas du tout…

Mais finalement, quel conseil donnons-nous à un apprenant lorsqu’on formule un simple : « fais attention ». J’aurais tendance à répondre (enseignant taquin que je suis) : « oui, mais faire attention à quoi … ? »

Car faire preuve d’attention, c’est en réalité focaliser un ou plusieurs de ses sens sur des éléments de son environnement. Par exemple, lorsque je pars me balader en forêt, il y a peu de chance que je trouve des champignons si je n’ai pas décidé de focaliser mon regard sur une certaine forme ou une certaine couleur. D’autres diront qu’ils se sont concentrés sur la tâche « trouver des champignons » sans se rendre compte qu’ils ont en réalité focalisé la perception de leur environnement via un de leurs sens : la vue.

foret-champi

Faire attention à ce que l’on entend, ce que l’on voit, ce que l’on sent, etc. demande un entraînement. Des apprenants sont très sensibles à certains vecteurs de perception tandis que d’autres le sont moins. Les vecteurs de perception étant essentiels à l’apprentissage au sens large (entendre une consigne parmi le bruit ambiant par exemple), on peut aisément comprendre pourquoi les élèves en réussite scolaire sont capables de mobiliser un grand nombre de vecteurs de perception.

Un apprenant qui présente des difficultés d’apprentissage peut présenter un déficit d’attention, et plus précisément un éveil sensoriel insuffisant. Il peut donc être intéressant de mettre en place des activités destinées à mobiliser certains volets de son attention.

Attention visuelle : Proposer à l’apprenant des images riches de détails. Lui laisser un temps de consultation et cacher l’image. Le questionner ensuite sur ce qu’il a vu et lui poser des questions sur des éléments précis.

Attention auditive : Choisir une histoire racontée qui contient des bruitages. Faire écouter l’histoire et ensuite demander si l’apprenant à entendu certains bruits. Si ce n’est pas le cas, recommencer l’écoute en lui demandant de rechercher ces sons.

Et beaucoup d’autres activités ludiques peuvent être imaginées pour travailler les différents sens.

Enfin, ne mélangeons pas attention et concentration. L’acte de concentration consiste à rassembler toute son énergie sur une action spécifique. Par exemple, lorsqu’on lit un texte pour y déceler les fautes d’orthographe, on fait preuve d’attention visuelle. C’est-à-dire qu’on se focalise sur l’écriture des mots et non pas sur leur sens. Ce processus cognitif nous demande une grande concentration, ce qui peut être rapidement épuisant.

En tant qu’enseignants, ou en tant que parents lors du temps des devoirs, il est donc important de veiller à ce que l’attention de l’apprenant ne soit pas perturbée par des signaux extérieurs (son d’une télévision, jeux d’un frère ou d’une sœur …) et que le temps de concentration soit bien adapté aux capacités de ce dernier.

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