Classe inversée : du face à face au côte à côte

Un grand nombre d’enseignants du secondaire mettent en place des « classes inversées » ou plus généralement font de la pédagogie inversée.  Cette pratique, qui se développe doucement dans le supérieur, regroupe en fait une multitude d’approches et de dispositifs pédagogiques (documents en ligne, vidéos à consulter, travail en groupes, interviews à mener …). Quelle que soit la forme choisie, l’idée principale est de répartir différemment les activités programmée « à distance » et »en présence ».

Pourquoi de la pédagogie inversée ?

Un enseignant du secondaire me racontait qu’il avait réalisé, après de nombreuses années de pratique, que les élèves étaient passifs et peu attentifs lors de ses cours et passaient leur temps à recopier sans pour autant tirer profit de la séquence. Le travail d’application demandé à la maison posait alors de gros problèmes.

Quelle est la valeur ajoutée d’un cours dans lequel l’apprenant passe son temps à recopier ?

Il s’est alors dit qu’il serait plus profitable de demander aux élèves de travailler le contenu du cours en amont de la séance, et ainsi profiter du temps en présentiel pour identifier avec ses élèves les blocages rencontrés lors du travail d’application (exercices ou problèmes).

La répartition des activités entre le présentiel (en classe) et le « à distance » (maison et travail en autonomie) serait alors modifiée voire inversée.

La pédagogie inversée : comment ça marche ?

La mise en place la plus simple consiste à mettre à disposition des apports théoriques que l’apprenant pourra travailler en autonomie avant la séance. Ces éléments peuvent se présenter sous forme de vidéos de cours, diaporamas commentés, livres à consulter ou encore des capsules qui sont composées de vidéos et de Quizz d’application. L’apprenant travaille donc la notion à distance.

En début de séance (donc en présentiel), un temps est consacré à des échanges qui permettent de revenir ou d’expliciter des éléments vus en autonomie. La suite de la séance est alors utilisée pour faire travailler les élèves sur des problèmes qui leur permettent de mettre en pratique leurs apprentissages. L’avantage de cette organisation est que l’enseignant peut alors utiliser beaucoup plus de temps en présentiel afin d’observer les apprenants et les aider à surmonter leurs blocages ou obstacles cognitifs. Un vrai travail pédagogique et didactique !

 

pedagogie inversse type 1

La pédagogie inversée : quels avantages ?

Le premier intérêt de cette approche est qu’elle permet de rendre les apprenants acteurs de leurs apprentissages. En effet, de nombreux élèves viennent en cours pour recopier ce qui est noté au tableau sans pour autant comprendre ce qui est enseigné (cours trop dense ou apprenant trop passif). Quelle est donc la valeur ajoutée d’un tel cours ? Notons aussi qu’actuellement, l’enseignant n’est plus la seule source de savoir et qu’un grand nombre de contenus sont disponibles via de nombreux médias (livres, internet …).

Le temps libéré est donc mis à profit pour travailler sur place avec les apprenants et ainsi prendre le temps de réaliser un suivi personnalisé des apprentissages et de la compréhension de chacun.

Dans le cadre des devoirs à faire à la maison (donc à distance), l’aide à disposition de chaque apprenant est très inéquitable (présence d’un grand frère ou d’une grande sœur, niveau de formation des parents, disponibilité des adultes …). Cette approche permet donc à chacun de travailler les bases d’un cours, de poser ses questions en classe pour ensuite être aider par l’enseignant … en présentiel !

Ce premier type de pédagogie inversée (selon l’approche de Marcel Lebrun) change le rôle de l’enseignant ainsi que l’implication de l’apprenant. On passe donc du « face à face » au « côte à côte ».

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